Histoire et Culture

Mont de Lans / Les 2 Alpes

Mont de Lans est l’une des vingt et une communes qui composent l’Oisans. Située entre la vallée de la Romanche et la vallée du Vénéon, elle s’étend sur une superficie de 4166 hectares. Outre le chef lieu qui porte son nom, le territoire communal comprend plusieurs hameaux disséminés, et une bonne partie de la station des 2 Alpes (environ les 2/3), autrefois alpage où l’on faisait les foins.
Le glacier de Mont de Lans, calotte glaciaire la plus étendue d’ Europe, est exploité en superbe domaine skiable.

L’histoire de Mont de Lans remonte très loin dans le temps. Il est probable qu’une piste ligure y passait. D’ailleurs on a retrouvé des vestiges datant de l’âge du fer. Une tombe de l’époque du Hallstatt, contenant bracelets et perles d’ambre et de verre, y a été découverte en 1860. En dessous du hameau de Bons, on peut observer des traces de voie antique, et surtout la fameuse » Porte Romaine  » récemment inscrite sur la liste des Monuments Historiques. De nombreux savants et chercheurs, intrigués par cette
curiosité, sont venus la voir et l’étudier sur place.

Dès 1073 la commune apparaît sur les documents anciens sous le nom de  » Parocchia de Lento ». On peut suivre au fil du temps l’existence de cette bourgade, importante puisque située sur une des rares voies de communication avec l’Italie appelée  » la petite route ». Cette petite route n’était en fait qu’un mauvais chemin muletier praticable aux petites charrettes seulement 3 ou 4 mois dans l’année.

En 1502, Louis XII, se rendant dans le duché de Milan, s’y arrêta avec une partie de sa suite. En 1509 ce fut Bayard à la tête de ses soldats. L’histoire de Mont de Lans est jalonnée de passages de troupes selon les différentes guerres avec l’Italie, et la population eut beaucoup à souffrir de ces visiteurs qui réquisitionnaient, pillaient, volaient, laissant la désolation derrière eux.

Les guerres de religion, puis la révolution passèrent sur le village sans atrocités ni exécutions barbares, comme il s’en commit hélas, dans les communes voisines. Comme dans de nombreux villages de montagne, les hommes émigraient pendant l’hiver, quand les travaux des champs étaient achevés, pour tenter de gagner leur vie en faisant du colportage. Les femmes restaient à la maison avec les vieillards et les enfants et s’occupaient du bétail. Les colporteurs avaient leurs tournées auxquelles ils étaient habitués: le nord, l’est et le centre de la France, à pied ou avec un mulet. Quelquefois beaucoup plus loin: l’Espagne, la Russie, l’Amérique et même la Chine. Si quelques uns faisaient fortune, ce n’était pas le cas du plus grand nombre et certains revenaient ruinés ou même ne revenaient pas du tout, morts au loin de misère et de maladie.

Au début du 19 ème siècle, le premier Empire commence la construction de la route actuelle, suivant la vallée de la Romanche. Les travaux dureront 70 ans. IL fallut percer des tunnels pour franchir le fameux « verrou de Mont de Lans » : l’Infernet. Mais l’ouverture à la circulation de cette nouvelle route, en 1807, relégua Mont de Lans dans l’isolement. Pendant de longues années la commune resta desservie uniquement par son vieux chemin muletier.

En 1885, Mont de Lans reçut un accès carrossable par des encorbellements hardis au-dessus de l’ Infernet. C’est l’actuelle route des Travers.

La route actuelle depuis le Chambon ne date que de 1938. 1938, date de la mise en eau du lac Chambon, autre période importante pour la commune. Les travaux du barrage hydroélectrique commencés en 1926 durèrent 12 ans. Trois hameaux furent noyés, et le paysage définitivement changé Mont de Lans va s’éveiller à la vie moderne.

Après la guerre, et dans les années 50, la station, qui ne s’appelle pas encore les 2 Alpes, prend son envol. D’abord doucement puis de plus en plus vite. Dans les années 70, c’est une véritable fièvre de construction et d’innovation. Mont de Lans et sa voisine Venosc, ont donné naissance aux 2 Alpes, station aujourd’hui de renommée internationale, où l’on peut goûter les joies du ski et de la montagne, aussi bien l’hiver que l’été.

2 alpes